Le Phare d’Alexandrie sur les objets non-monétaires

Eléni Fragaki

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Intaille de verre bleu (Kunsthistorisches Museum, Vienne – inv. AS XI a 991 – provenance inconnue, datée du 2e s. de n. è.) – A côté du Phare d’Alexandrie est représentée Isis Pharia

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Le Phare d’Alexandrie sur le gobelet en verre trouvé à Begram, à côté de Kaboul (Musée de Kaboul, inv. 57.291, provenance probable Alexandrie, daté de la fin du Ier, début du IIe s. de n. è.)

Le Phare d’Alexandrie apparait sur des œuvres d’art ou objets antiques autres que les monnaies : mosaïques, verres, terres cuites, gemmes et intailles, tessères, Table de Peutinger etc. Certaines représentations sont déjà reconnues comme telles et traitées dans la bibliographie moderne ; mais il convient d’en rechercher d’autres, rares ou inconnues, qui n’ont pas encore été examinées, pour compléter le corpus.

Discussions et recherches à Alexandrie

Ce travail complète ainsi la base de données sur l’iconographie du Phare et permet de mettre en lumière des aspects de l’édifice et de son contexte. C’était l’opportunité de consulter des publications rares et anciennes, difficiles à trouver ailleurs, qui n’ont probablement pas été souvent exploitées. Ainsi dans un rapport du Musée gréco-romain pour l’année 1922-23, publié en 1924, figurent deux petits fragments qui n’ont jamais été étudiés et qui évoqueraient, d’après E. Breccia, qui a rédigé ce texte, le Phare d’Alexandrie. Le premier objet est en argile couleur rouge brique. Il conserverait la partie correspondant à l’extrémité supérieure du troisième étage, construit en appareil isodome et surmonté de combustibles et de flammes. Sur le second, un enduit peint découvert à Hadra (n° inv. 21.158), on voit une tour cylindrique dessinée en rouge clair qui s’ouvre en haut pour laisser surgir le feu. Le premier fragment a été rapidement repéré dans les registres grâce au numéro est indiqué par E. Breccia ; les demandes d’autorisation d’étude sont en cours. L’autre, en revanche, pour lequel on ne dispose d’aucune information plus précise, n’a pas encore été localisé. Quelle que soit la validité de l’identification proposée par cet auteur, il conviendrait d’examiner les deux objets de plus près en les comparant aux représentations déjà établies du monument.

La directrice du musée gréco-romain a signalé en outre qu’il existe dans les collections une riche série de lampes en terre cuite qui reproduisent le Phare en miniature. Dans la mesure où seulement deux parmi elles apparaissent dans la bibliographie, le reste de ce matériel, entièrement inédit, méritera une attention particulière.

Exploration des ressources en ligne et études en bibliothèque

L’exploitation des ressources en ligne offre désormais toute une série d’objets inédits qui doit être exploité. En effet, Héloïse Aumaître avait repéré dans le catalogue numérique de la Bibliothèque nationale de France (BnF) une intaille en jaspe rouge appartenant à la collection H. Seyrig, qui représente le Phare d’Alexandrie. Sur cette petite pièce d’un diamètre maximal de 11 mm, examinée sur place, on distingue la tour avec sa structure caractéristique, sa rampe d’accès et son décor sculpté (deux tritons et une figure sommitale), ainsi que deux arcades d’un pont et la proue d’un navire voguant au second plan. Dans la même institution, il existe, dans les archives glyptiques de H. Seyrig, la photo d’une empreinte similaire, où l’on voit, à côté de l’édifice, le voilier en entier naviguant sur les vagues et, au premier plan, un pont à trois arcs, correspondant probablement à celui qui réunissait la pointe orientale de l’île de Pharos à l’îlot sur lequel se trouvait le monument.

Deux autres empreintes de gemmes montrant le Phare existent également dans la collection de l’Université Cornell. Sur l’une d’entre elles, l’édifice, qui comporte encore une fois ses traits distinctifs architecturaux et sculpturaux, figure isolé, entouré de signes et symboles. Sur l’autre, en revanche, il se situe dans un véritable paysage urbain peuplé de petits personnages, mais aussi d’une façade à colonnes et fronton et d’un second pont à arcades précédé de rochers, visibles à l’arrière-plan. Le bateau à voile, toujours présent, fait face à une tête de Sarapis de profil. Les deux objets sont absents de la bibliographie, mais le second trouve un parallèle très proche dans une empreinte de la collection Cades, analysée dans un article de M. Pensa1.

Une bibliographie par objet, aussi exhaustive que possible, a servi à extraire les informations nécessaires pour compléter la base de données : datation (parfois controversée), matériau et technique de fabrication, historique de la découverte, lieu et état de conservation, description des images. Cela permet de dégager les caractéristiques structurelles de la tour (nombre et morphologie des étages et des fenêtres, forme de la porte et de la rampe), le rendu du décor sculpté (posture, attributs et interprétations proposées pour la statue sommitale, nombre et gestes des Tritons), ainsi que des figures annexes (Isis, navire). Cette documentation en partie inédite fournit un appui solide pour l’étude de la reconstitution du phare.


1 M. Pensa, « Moli, fari e pescatori : la tradizione iconografica della citta portuale in eta romana », Rivista di Archeologia 23, 1999, p. 99, 105-106, 119.

 


Le CEAlex vous propose de citer cette page de la manière suivante :
Eléni Fragaki, «Projet « Pharos » – iconographie, représentations autres que monétaires », Projet Pharos du CEAlex, consulté le 6 October 2026 à l’adresse

https://pharos.cealex.org/ressources-documentaires/les-images/autres-que-monnaies/