LE PROJET PHAROS

Renflouage d’un des fragments de la porte monumentale du Phare – Campagne sous-marine 2025 – Photo : E. Forestier

Figure de proue d’Alexandrie, le Phare est resté en fonction durant presque 16 siècles, indiquant la route d’Alexandrie aux navires faisant voile en Méditerranée orientale. Son feu s’est éteint le matin du 8 août 1303, suite aux dégâts importants causés par un tsunami qui détruit également un tiers de la ville. Le Phare n’est pas restauré après cette catastrophe. Il sert de carrière, puis sa maçonnerie disloquée sombre sous les eaux de la Méditerranée.

Depuis 1994, le CEAlex conduit des fouilles sur les ruines du Phare qui gisent par 5 à 10 mètres de fond. En 2009, le CEAlex s’est tourné vers la technologie numérique pour documenter le site et ses composantes ouvrant ainsi une nouvelle voie à son étude.

En 2023, le lancement du projet Pharos supporté par La Fondation Dassault Systèmes marque une nouvelle étape. Il regroupe une équipe pluridisciplinaire qui procède à un nouvel examen des sources anciennes disponibles, iconographie et textes, décrivant le Phare, un travail qui n’avait pas été renouvelé depuis la suite d’études publiée en 1909 par Hermann Thiersch (Pharos, Antike, Islam und Occident. Ein Beitrag zur Architekturgeschichte, Teubner, Leipzig/Berlin).

En 2025, Gedeon Media Group (https://www.gedeonmediagroup.com/) rejoint l’aventure en tant que mécène, finançant une campagne de fouilles sous-marines au cours de laquelle les plus grandes pièces d’architecture du site sont remontées à la surface, documentées et analysées.

Pendant trois ans, grâce à l’équipe pluridisciplinaire, sous la direction d’Isabelle Hairy (CNRS, Orient & Méditerranée UMR 8167), les données sont compilées et étudiées. De la documentation émergent les caractéristiques du Phare (géométrie, construction, matériaux, espaces internes et distributions, forme et nombre d’ouvertures, etc). Avec l’appui de trois ingénieurs volontaires de la Fondation Dassault Systèmes, elle teste des hypothèses, confronte les données et affine les modélisations 3D. L’objectif est clair : aboutir à un modèle scientifique exact du Phare, tant dans sa structure extérieure que dans son organisation intérieure.

Grâce à la puissance de la 3D et des univers virtuels, cette collaboration redonne vie au monument légendaire. Pour la première fois depuis la visite d’Ibn Battouta en 1325, le Phare d’Alexandrie peut à nouveau être « visité », offrant une plongée immersive dans l’histoire et l’architecture de cette merveille disparue.

 

L’équipe de fouilles lors du levage des blocs en 2025